"Nous sommes ici non pas pour voir mais pour ne pas voir"

Juan De la Cruz

 

Artiste polymorphe, Laurent Quin explore les perceptions, une vision personnelle de l'acte de création par des procédés tendant vers l'haptique. et le dédoublement.

Par un rapport singulier au plan, à la surface, il désigne, requalifie la peinture, le volume ou la photographie dans une définition de l'événement où prendre forme introduit, de fait, la nécessité d'une dialectique du non-achèvement.

 

Dans cet "assèchement du baroque" ce n'est pas pour autant au simple plaisir d'une substance matérielle à quoi nous devons tendre  mais par jeu de couvrements, ce qu'il y a derrière et  ce qu'en puissance, elle recèle.  Exigence de voir, mais voir en deçà, fixité et mouvement....

Les figures qui se refusent à tout caractère univoque sont le plus souvent signifiées de manière archétypale. Corps-mondes tronqués faits de retraits et de débordements qui par indices, s'organisent dans le flux d'une pensée qui se vit consciente mais aussi aveugle, articulée mais non verbalisée et qui affleurerait la surface, comme  à fleur d'eau. Présences abandonnées, absorbées par la nuit ou hors de la fange limoneuse, emblème de la matière informe d'avant la création et de l'intervalle entre la mort et la renaissance,

 

Le primat de la mandorle y devient bulle de songes, le schéma organique prend des relents de structure végétale, la vacuité d'un habit, une présence contenant toutes les potentialités.